20ᵉ édition de l'Observatoire des prix des fruits et légumes

Publié par l'association FDNAT le 22 juillet 2026

Familles Rurales publie son 20ᵉ Observatoire des prix. Face à l’inflation, l’association de défense des consommateurs alerte sur les freins économiques à une alimentation saine et appelle à des mesures concrètes pour permettre à tous de consommer davantage de fruits et de légumes.

Communiqué de presse


Paris, le 23 juillet 2026

OBSERVATOIRE DES PRIX DES FRUITS ET LÉGUMES 2026

 

Fruits et légumes : toujours moins accessibles ! 
Familles Rurales appelle les parlementaires à agir

 

Après vingt ans d'observation, les résultats de l'Observatoire des prix des fruits et légumes 2026 montrent que les difficultés d'accès aux fruits et légumes ne relèvent plus de fluctuations ponctuelles, mais d'une tendance durable. Il appartient désormais aux parlementaires de transformer ce constat en action. Familles Rurales les appelle à dépasser les clivages politiques, à cosigner la proposition de loi « 100 produits sains à prix coutant » et à la voter.

Familles Rurales publie l’Observatoire des prix des fruits et légumes. Les résultats de l'édition 2026 confirment une tendance préoccupante : si le prix moyen des fruits se stabilise en agriculture conventionnelle (-0,2 %) et recule en bio (-10 %), les légumes repartent fortement à la hausse, avec une augmentation de 10 % en conventionnel et de 7% en bio. Les courgettes (+32 %), les tomates (+31 %) et les haricots verts (+24 %) figurent parmi les plus fortes hausses de cette année.

 

Une évolution de fond mise en évidence par les données de l'Insee 


Depuis 2015, les prix des fruits frais ont progressé de 54 % et ceux des légumes frais de 62 %, contre 21 % pour l'inflation générale. Les fruits et légumes sont ainsi devenus l'une des catégories alimentaires dont les prix augmentent le plus rapidement, alors même qu'ils sont au cœur des recommandations de santé publique. Cette contradiction n'est plus acceptable

 

Les limites d’une politique de santé publique


Ces chiffres ne traduisent pas seulement des choix individuels. Ils révèlent les limites d'une politique de santé publique qui encourage chacun à mieux manger sans garantir les conditions économiques permettant de le faire. Les travaux récents de l'Assemblée nationale sur l'évolution du pouvoir d'achat depuis 2017 soulignent eux aussi les difficultés croissantes rencontrées par une partie des ménages pour accéder aux aliments recommandés par les autorités sanitaires. 
Près d'un Français sur deux (55 % en milieu rural) déclare renoncer à certains achats alimentaires faute de moyens. Dans le même temps, selon les derniers chiffres publiés par Santé publique France, seuls 19 % des hommes et 25 % des femmes âgés de 18 à 85 ans déclaraient, en 2021, consommer au moins cinq fruits et légumes par jour, malgré plus de vingt ans de campagnes de prévention.

 

Un enjeu à la fois social, sanitaire et économique

 

Une alimentation insuffisamment riche en fruits et légumes contribue au développement de nombreuses maladies chroniques évitables, notamment l’obésité, le diabète, les maladies cardiovasculaires et certains cancers. Les projections disponibles montrent que leur prévalence pourrait encore progresser au cours des prochaines décennies1. Le tribut collectif est déjà lourd : dès 2012, la Direction générale du Trésor estimait le coût social de la surcharge pondérale à près de 20 milliards d'euros par an, soit environ 1 % du produit intérieur brut .

Ne pas agir sur l'accessibilité d'une alimentation favorable à la santé coûte donc également très cher à la collectivité. 

Rendre les fruits et légumes plus accessibles ne peut toutefois se faire au détriment des producteurs, dont beaucoup peinent déjà à couvrir leurs coûts de production. La véritable question est celle de la répartition de la valeur entre les différents acteurs de la chaîne alimentaire. La crise inflationniste l’a illustré de manière particulièrement frappante. En janvier 2023, des producteurs de pommes et de poires alertaient publiquement sur leur impossibilité de couvrir leurs charges. Ils demandaient un prix d’achat de 1,20 euro par kilogramme, tandis que la grande distribution leur proposait au mieux 1 euro. Dans le même temps, ces fruits étaient vendus en magasin autour de 2,50 euros le kilogramme.


Cette différence ne saurait être assimilé intégralement à un bénéfice. Entre le producteur et le consommateur interviennent plusieurs acteurs indispensables - transformateurs, logisticiens, grossistes et distributeurs - qui supportent des coûts de transport, de stockage, de manutention, de personnel et de fonctionnement, ainsi que les pertes inhérentes à la commercialisation de produits périssables.

Il ne s’agit donc pas de désigner un coupable unique. L’ampleur de l’écart constaté interroge néanmoins sur la manière dont la valeur est répartie entre les différents maillons de la chaîne. Les données publiques disponibles, récemment confortées par les travaux de la commission d’enquête du Sénat sur les marges des industriels et de la grande distribution, mettent en évidence un manque de transparence ainsi que des mécanismes de péréquation qui interrogent lorsqu’ils concernent précisément les produits dont les autorités sanitaires recommandent d’augmenter la consommation.

 

100 produits sains à prix coutant

 

Les données issues de l’Observatoire de la formation des prix et des marges permettent ainsi d’estimer qu’en 2024, le rayon fruits et légumes de la grande distribution a généré environ 200 millions d’euros de résultat net après impôts, tandis que le rayon boulangerie-pâtisserie-viennoiserie enregistrait une perte de 65 millions d’euros2

Autrement dit, les résultats dégagés sur des produits essentiels à notre santé contribuent en partie à compenser les pertes d’autres rayons.

 

Serge Papin, ministre chargé du Pouvoir d’achat et ancien dirigeant de la distribution, avait résumé ce mécanisme par une formule devenue célèbre : « Le coco de Paimpol finance le coca d’Atlanta  » 

 

Pour Familles Rurales, il ne s’agit ni de remettre en cause le rôle essentiel de la grande distribution, ni de demander aux enseignes de renoncer à leur rentabilité. Il s’agit de défendre un principe simple : les produits que les pouvoirs publics recommandent de consommer quotidiennement ne devraient pas être ceux sur lesquels repose une part de la compensation des pertes d’autres rayons, alors même que leur accessibilité économique se dégrade.

 

C'est pourquoi le Mouvement soutient la proposition de loi visant à garantir l'accès permanent à un panier diversifié de produits favorables à la santé vendus à prix coûtant. Cette mesure n'impose ni la vente à perte ni une baisse de la rémunération des producteurs. Elle consiste uniquement à supprimer la marge bénéficiaire des distributeurs sur un nombre limité de produits essentiels, tout en leur laissant la liberté de construire leur rentabilité sur les milliers d'autres références proposées dans leurs magasins.

 

Pétition « Exigeons 100 aliments bons pour la santé à prix coûtant dans les supermarchés», déjà près de 43000 signatures. Signer la pétition

 

Notes :

1 Citons par exemple à titre d’exemple l’étude publiée par l’Agence nationale de sécurité alimentaire, de santé et du travail - ANSES en 2016 https://www.anses.fr/fr/system/files/NUT2012SA0103Ra-3.pdf, le rapport sur la santé en Europe 2018 de l’OMS (Organisation Mondiale pour la Santé) http://www.euro.who.int/fr/publications/abstracts/european-health-report-2018.-more-than-numbers-evidence-for-all-2018 ou encore l’étude du Crédoc N° 315 • ISSN 0295-9976 • mars 2021 : https://www.credoc.fr/publications/renversement-de-tendance-les-francais-vegetalisent-leur-alimentation 

2 Données sur la marge nette avant IS du rapport annuel de l’OFPM (juin 2026) https://observatoire-prixmarges.franceagrimer.fr/


Contact presse :

Niki Vouzas - Tel. 06 49 49 75 17 - niki.vouzas@famillesrurales.org


 

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