Observatoire des prix 2021

Publié par l'association FDNAT le 21 janvier 2022

Familles Rurales, 3ème association de défense des consommateurs et 1er Mouvement familial, a réalisé, pour la 15ème année consécutive, son Observatoire des prix de grande consommation. Une inflation contenue en 2021 sauf pour les fruits et légumes (+9% depuis 2019) : un chèque « fruits et légumes » s'impose pour ne pas détourner les familles aux budgets modestes de ces aliments « bons pour la santé ».

LES CHIFFRES CLES 2021

+2% D’INFLATION EN 2 ANS SELON L’INSEE : LE CALME AVANT LA TEMPÊTE SUR LES ESSENTIELS DONT CERTAINS ONT DÉJÀ CONNU UNE HAUSSE REMARQUABLE - +9% POUR LES FRUITS ET LEGUMES

Une inflation contenue en 2021 sauf pour les fruits et légumes dont les prix ont bondi de +9% en 2 ans. Des prévisions préoccupantes pour 2022 d’où la nécessité de consacrer un chèque « fruits et légumes » pour ne pas détourner les familles aux budgets les plus modestes de ces aliments « bons pour la santé ».

S’ALIMENTER CONFORMÉMENT AUX PRÉCONISATIONS DU PNNS (PLAN NATIONAL NUTRITION SANTE) COÛTE ENTRE 450€ ET 1148€ POUR UNE FAMILLE DE 4 PERSONNES (2 ADULTES – 1 ADO – 1 ENFANT)

Le prix moyen mensuel de notre panier « varié » pour une famille de 4 personnes s’élève à 696€ pour les premiers prix, 765€ pour les marques nationales et 1148€ pour le bio. Cette note tombe à 450€ quand on varie moins les produits tout en respectant le PNNS et le cycle des saisons.

SURFACES DE VENTE

C’est en EDMP (Etablissements à Dominante Marques Propres tels que les hard-discounters) que notre panier varié est le moins cher : 9% de moins qu’en hyper et 12% de moins qu’en super.

TERRITOIRES : CARTON ROUGE EN OUTRE-MER

Les prix s’envolent en Outre-mer, le même panier de produits y coûte près de 50% plus cher qu’en métropole.

L'observatoire des prix 2021 en bref

Dans un contexte inflationniste au sein duquel l’alimentation constitue trop souvent la variable d’ajustement du budget des ménages les moins favorisés et où résonne comme une injonction la nécessité d’adopter les bons réflexes, Familles Rurales entend donner aux consommateurs les clés dont ils ont besoin pour « consommer mieux ». Outre la prévention des maladies inhérentes à une alimentation inadaptée, il doit également être question de revoir nos mauvaises pratiques : gaspillage, suremballage, distances parcourues par certains produits…

Malgré les prévisions inquiétantes de l’INSEE concernant le pouvoir d’achat des ménages, Familles Rurales invite les familles à ne surtout pas renoncer à une alimentation saine, respectueuse de la saisonnalité, de l’environnement et garante de leur santé. Sans l’intervention des pouvoirs publics, c’est pourtant le triste dessein auquel des centaines de milliers d’entre elles devraient être astreintes. Devant faire face à l’augmentation du cours des matières premières qui laisse craindre le pire pour les « essentiels » : pâtes, farine, pain, conjuguée à la hausse de budgets incompressibles tels que l’énergie ou les carburants, comment ces familles pourront-elles dégager les ressources nécessaires au respect des recommandations prescrites par le PNNS (Plan National Nutrition Santé4) ?


En effet, selon les résultats de notre observatoire 2021, une famille de 4 personnes devrait y consacrer entre 450€ (panier premiers prix avec une moindre variété de produits) et 1148€ (panier composé de produits bio avec une plus grande variété de produits) par mois soit entre 36% et 93% d’un SMIC net mensuel avant impôt (1237,51€1).

Face à ces constats, Familles Rurales appelle les pouvoirs publics à développer une politique beaucoup plus ambitieuse promouvant une saine alimentation en permettant à tous d’y accéder. Investir dans un programme nutritionnel associant prévention et aide aux plus précaires constitue la clé pour freiner le développement de trop nombreuses pathologies liées à la consommation de produits trop gras, trop sucrés, trop salés en trop grande quantité. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 17% de nos concitoyens sont en situation d’obésité, 4 millions de personnes souffrent de maladies cardiovasculaires et 3,2 millions de diabète. Pour soigner ces 2 seules dernières pathologies dont il est scientifiquement établi que notre alimentation joue potentiellement un rôle dans leur développement, l’assurance maladie a dépensé 21 milliards d’euros rien qu’en 20172 - 3.

Parce que notre observatoire 2021 démontre que les fruits et légumes qui constituent le socle de cette « alimentation santé », pèsent aussi le plus lourd dans notre panier (près du tiers), Familles Rurales invite le gouvernement à consacrer dans les plus brefs délais une aide financière dédiée à ces produits. Le temps est en effet venu de prévenir au-delà de soigner les conséquences d’une alimentation inadaptée mais malheureusement plus accessible financièrement. Il convient :

  • D’une part de déployer un plan national autour du « manger mieux » associant des messages de prévention santé mais visant également à lutter contre le gaspillage alimentaire, favorisant les pratiques locavores et dénonçant le suremballage.
  • D’autre part, de dédier aux familles qui n’auront pas les moyens d’acquérir nos alliés santé tels que les fruits et légumes (qui représentent à eux seuls le tiers des dépenses) un chèque mensuel d’un montant de 37,50€ par personne (soit le tiers de notre panier le moins cher).

Enfin, Familles Rurales dénonce des mesures très clairement insuffisantes s’agissant de nos territoires outre-mer. Le prix moyen de nos paniers s’y envole littéralement pour atteindre 1068€ en conventionnel et 1719€ en bio, soit respectivement près de 86% et 139% d’un SMIC net mensuel. Contrairement aux mesures annoncées, nos veilleurs n’ont pu que constater l’inopérance du BQP « bouclier qualité prix » mis en place par le gouvernement.


Pour Familles Rurales, l’heure est donc à la responsabilité des acteurs :

  • Celle du gouvernement qui doit investir dans un plan ambitieux autour du « manger mieux » tant en métropole qu’en outre-mer
  • Celle des consommateurs qu’il convient de mieux accompagner afin de les voir adopter les bons réflexes tant pour leur santé que dans l’intérêt des générations futures
  • La nôtre, en tant que Premier Mouvement Familial, en informant les uns et en invitant les autres à l’action, tel est l’objectif de la présente étude.

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2 Valeur pondérée sur l’année 2021 sur la base des chiffres de l’INSEE (le SMIC ayant été réévalué au 1er octobre 2021)
3 https://www.ameli.fr/sites/default/files/2019-06-12-dp-cartographie-depenses-sante-assurance-maladie.pdf
4 https://solidarites-sante.gouv.fr/systeme-de-sante-et-medico-social/strategie-nationale-de-sante/priorite-prevention-rester-en-bonne-sante-tout-au-long-de-sa-vie-11031/priorite-prevention-les-mesures-phares-detaillees/article/obesite-prevention-et-prise-en-charge

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